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24/01/08 : Personnages incarnés
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Ntonio
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Message Posté le : 24/02/2008 17:21:39    Sujet du message : 24/01/08 : Personnages incarnés Répondre en citant

Edith : une marionnette
Joris : Armand Descunier, magicien
Jessica : une dresseuse de tigres
Paul : Asator, dieu
Mélodie : Jordy l’ermite
Anne-Prune : la concierge
Etienne : la statue de Freyja-aux-yeux-rayés-de-rouge
Antoine : Sam le Squelette
Nicolas : Robert, qui ne sert à rien


Née dans un atelier, et ayant vécu une bonne partie chez les Lemoiseau, je me retrouve seule abandonnée sur une table de brocanterie. Je me sens lasse ; mes fils qui me soulèvent sont presque tous cassés, les derniers s’effilochent. Alors je propose mon plus beau sourire, ajuste mes habits usés et démodés et j’attends… (Edith)
Un vieil homme pas. Ses traits sont défaits, ses yeux sont vides. Presque aussi vides que les miens. Son regarde m’effleure. Une faible lueur s’allume brusquement dans ses prunelles alors qu’il avise mon chapeau de fée. Ses lèvres s’entrouvrent : « Combien pour cette poupée ? ». (Joris)
La vendeuse, une dresseuse de tigres, avait décidé de me vendre, dernière preuve de douceur qu’elle avait gardée. « Je vous la donne… Louper cette poupée, quelle horreur ! ». (Jessica)
Je fus donc remisée dans l’atelier du vieux looser. Il m’oublia, comme beaucoup de choses. Cela faisait une éternité que j’attendais… ou quelques jours… Quand soudain, dans un nuage de flammes, de soufre, de salpêtre et d’huile de lardons, apparut un taureau. Il avait des cornes d’or et une crinière de feu. Il me parla de sa voix : « En vérité, je suis Asator, écoute ma parole… Jeanne, tu dois bouter les Anglois hors de France et couronner le Dauphin. » Devant ma stupéfaction pour la moins certaine, le taureau me regarda, sortit une petit boussole étrange, et me sortit un vague « Désolé, trompé d’époque » et disparut. J’étais terrifiée. (Paul)
Tellement terrifiée que je ne vis d’abord pas cet homme bizarre, les cheveux hirsutes, s’introduire dans la remise. (Mélodie)
Il me rappelait cette petite femme mal coiffée qui avait voulu m’acquérir. Et pourtant j’étais désespérée d’être achetée par quelqu’un, mais elle répandait une telle odeur de chat ! Répugnant ! (Anne-Prune)
A peine cette pensée m’avait-elle effleurée qu’un nuage de fleurs apparut, et une étrange jeune fille aux cheveux verts et aux yeux rayés de bleu. Elle s’écria d’une voix haut perchée : « Je t’interdis d’avoir de si mauvaises pensées pour les chats. Je suis Freyja-aux-yeux-rayés-de-bleu, et sache, marionnette stupide, que ces animaux sont sous ma protection. » Sur ce elle disparut, me laissant quelque peu perplexe. (Etienne)
Et puis à nouveau il y eut de grands effets spéciaux, un bazar de tous les diables, et un grand squelette se dressa. Il me colla une grosse mitasse à travers la gueule, en me postillonnant : « Oh ! Et ton texte ? ». J’étais dans Hamlet adapté pour marionnettes. (Antoine)
Robert, le seul spectateur dans la salle, réveillé par l’interruption, ne trouva rien de mieux que d’applaudir… Quel con. (Nicolas).


Armand… Armand Descunier. Oui. Oui c’était ainsi qu’on m’appelait. Armand Descunier l’Illusionniste. Réputé dans toutes les cours d’Europe. Que reste-t-il de cet homme à présent ? Ma mémoire s’éteint et s’efface. (Joris)
La seule garantie de ma mémoire était ma collègue, la dresseuse de tigres. Avec son humour noir, ma vie prenait des airs de tragédie. Anachronique. (Jessica)
Je rassemblai mes dernières forces, mes derniers écus et pris la dernière carriole pour aller prier dans le temple de la dernière entité qui pouvait me sauver… Je dis donc adieu à ma collègue dresseuse de tigres, et partit pour l’autel sanglant d’Asator, emportant avec moi une quiche consacrée. Mais comme le dernier des cons, je me trompais d’arrêt. (Paul)
Je pensais à ce jeune homme qui j’avais aperçu en rêve. Un solitaire, barbu, qui m’apparaissait comme… oui, comme une illusion ! Pourquoi lui… il me semblait le connaître déjà. Bon, toujours est-il que je me retrouvais dans un trou perdu. (Mélodie)
Là-bas dans l’herbe, un coin à l’ombre m’appelait plus que les autres. Je m’y allongeais et m’endormis. Puis je repris ma route. Je tombais alors sur une petite culotte taille 44, avec marqué Simone sur l’étiquette. Ca ne donnait pas très envie. (Anne-Prune)
Je pris mon courage à deux mains et avançais dans les bois, quand soudain une vision d’horreur me figea sur place. Une femme assez peu engageante courait nue dans les bois en hurlant qu’elle connaissait une déesse celtique qui lui avait donné le pouvoir de charmer tous les animaux. Personnellement je n’étais pas charmé du tout. (Etienne)
Elle était poursuivie par une sorte de squelette aux yeux rouges qui lui lançait des tibias… Cela me semblait être une illusion… Illusion ?... Illu-zions… Hum, ça devrait me dire quelque chose, mais comme dit plus haut, je suis le dernier des cons. Donc rien. (Antoine)
C’était comme la vie de Robert, vide. (Nicolas)
Pour surpasser mes frayeurs, un tour que j’ai pu faire des années me permit de ne faire qu’observer deux marionnettes qui me guidèrent à l’autel. Sur place, j’appelai Asator. Seul le silence me répondit. (Edith)


L’humour noir c’était ma spécialité. Je m’habillais de mystère. Quel métier, dresseuse de tigres ! (Jessica)
Surtout quand le tigre est Asator, le dieu de la juste colère, de l’insulte trisyllabique et de la quiche aux lardons, transformé ainsi pour observer les mortels, dont moi. Mais je n’en sus rien avant ma 55e année. Et cette histoire se déroule alors que j’avais 21 ans. C’est pas pareil. (Paul)
A cette époque, il y avait un jeune homme qui m’intriguait, à la fac (avant que je ne parte pour l’école de cirque). Il était super timide et toujours seul… Je l’espionnais souvent, mais il gardait toujours ses distances. Il était un peu… sauvage. C’est peut-être pour ça que je fais ce métier. (Mélodie)
D’ailleurs, à cette époque s’était déroulée une suite de cambriolages assez sanglants à la fac. Enfin quand je dis sanglants, c’est qu’on piquait toujours de la nourriture au RU, et que la signature du commanditaire s’étalait en longues lettres dégoulinantes de ketchup. Simone, la dame de cantine, m’avait confié qu’en fait c’était le directeur qui élevait son berger allemand. Ca me laisse encore perplexe après toutes ces années. (Anne-Prune)
Enfin bref, la fac c’était fini et il me fallait me réorienter. Le dressage de tigre était ma passion et j’avais entendu parler d’une ancienne déesse celte qui avait le pouvoir de se faire obéir des animaux. On disait qu’elle avait un sanctuaire non loin d’ici mais je passais des années sans le trouver. Finalement ce n’est pas le sanctuaire mais un tigre que je trouvais. Il m’attendait dans une clairière, entouré de quiches aux lardons (je ne sus que plus tard qu’il s’agissait d’Asator, dieu de la colère trisyllabique des justes insultes et de la pizza au fromage). (Etienne)
Il avait à ses pieds un tas d’ossements qu’il plaçait étrangement, de façon à écrire sur le sol les mots « Acculé ». J’ai tout de suite su que ce serait un tigre intelligent. Je le nommai alors Hobbes. (Antoine)
En tous cas il sera plus intelligent que ce con de Robert, une vieille connaissance de la fac, toujours à part. (Nicolas)
Un pote à mon sauvage encore, celui-là ! Bref, revenons à mes tigres. Mon premier jour au cirque, le responsable ne voulut pas me laisser rentrer dans la cage. J’ai du alors faire connaissance à travers les barreaux, un marionnettiste à mes côtés tentant de me faire rire avec son pantin. (Edith)
Armand l’Illusionniste me regardait. Il avait en tête un numéro avec un tigre. Peut-être qu’une fois Hobbes dressé, il pourrait lui être utile. Il m’en avait parlé. C’était un numéro avec quelqu’un dans le public. Pourvu qu’Hobbes soit à la hauteur de ses attentes… (Joris)


Je suis Asator, dieu de la juste colère, de l’insulte trisyllabique et de la quiche aux lardons. Mes symboles sont le fouet et la cuiller en bois. Je porte les couleurs rouges et vert pâle. Je suis un dieu bon. Parfois, je me mêle aux mortels sous la forme d’un taureau, d’un cygne ou d’un pou. Mais je peux aussi me changer en beau jeune homme. Voici une histoire qui m’arriva… (Paul)
Lorsque je descendis sur terre, j’arrivais près d’une cabane en bois miteuse. Un homme en sortit et, l’air ébahi, loucha sur mes vêtements bariolés. Je suis un dieu bon mais susceptible, alors je décidais de le transformer sur-le-champ en set de table à motifs hiboux. J’aime bien. (Mélodie)
Je me dirigeais vers la ville. Ca puait, mais je n’allais pas me fatiguer à leur faire sentir la rose. La générosité n’est pas mon fort. Une bonne femme me dévisageait honteusement en sortant de son immeuble. Je décidais de la rendre belle. (Anne-Prune)
Après quelques dizaines d’essais je me lassais de cette tâche insurmontable et décidais d’aller faire chier cette vieille carne de Freyja. C’est une petite déesse minable qui avait un sanctuaire non loin d’ici. Une fois sur place je peignis les murs de vives couleurs d’un criad éblouissant, plaçais la statue dans une position inconvenante et décorait le tout de quiches aux lardons. Elle allait mettre plusieurs siècles à s’en remettre. (Etienne)
Cela dit, la vieille Freyja s’en remit bien un jour. Et chercha à se venger (la salope !). Ainsi, un jour que j’étais revenu sur Terre sous forme d’un taureau au beau milieu d’un pré rempli de vachettes bien foutues (j’avais quelque chose à soulager ce jour-là), je vis un squelette se balader le long du pré… Personne ne peut imaginer ce qui se passa alors. (Antoine)
Un ahuri sauta la clôture, à poil (le gars, pas la clôture), et traversa le champ en courant sous mes yeux ébahis. On se demandait vraiment ce qu’il foutait là. (Nicolas)
Ras le cul, d’un coup d’auriculaire il devint pantin, mais sa vitesse incontrôlable l’amena dans le cul Lulu de ma belle vache. (Edith)
Afin de vous épargner les détails crûs de cette scène, nous vous proposons un interlude ludique : Armand Descunier a dans sa main trois cartes. Choisissez-en une. Ca y est ? Alors attention, Armand l’Illusionniste va deviner celle que vous avez choisie. C’était… celle-là, non ? Oui ? Alors bravo, Armand ! Fin de l’interlude. (Joris)
Non, on va vous épargner les détails, mon amie la dresseuse de tigres dirait : « Heureusement, je ne suis pas dresseuse de vaches, parce que Lulu la vache, elle était plus bonne à rien ! ». (Jessica)


Je m’appelle Jordy. Non, la chanson n’était pas encore sortie à cette époque. C’est dur d’avoir un prénom pareil, vous savez. C’est sûrement pour ça que j’ai évolué ainsi, en fuyant les gens. A présent j’ai 30 ans, et j’ai décidé d’aller vivre seul en forêt. Je me débrouillerai bien ermite… (Mélodie)
Je fourre mes habits en vrac dans un sac. Je prends plein de nourriture et un sac de couchage. J’enfile mes pompes, je vérifie que mon canif est dans ma poche de jean, la beuh dans ma poche de veste. En descendant, la concierge, me regarde de son air morne, comme d’habitude. (Anne-Prune)
Je marche toute la journée. A la tombée de la nuit j’arrive dans une petite clairière pleine de vieux cailloux. Ici je serai bien. Je monte le camp. Au fond il y a une vieille statue. Je l’observe. Elle me rend mon regard. Je ne vais pas baisser les yeux, pas moi ! Les jours passent, puis les saisons, et toujours nous nous regardons. Ma peau se tanne sous les assauts de la nature, mes cheveux sont pleins de mousse. Impossible de me différencier de la statue. (Etienne)
Ellipse. Je repose désormais enseveli sous un gros tas de feuilles, dans mon tombeau creusé décennie par décennie par l’érosion. Et un jour viendra le jour de ma vengeance !!! Hahahahahahaha ! (Antoine)
Et je pourrai enfin étriper Robert, ce gros boulet qui ne sert à rien et qui m’a gâché des années d’existence ! (Nicolas)
Déchirer et éventrer son bout de machin perdu à sa main. Gisèle, qu’il l’appelait. Encore un mec que je fuyais comme la peste. (Edith)
Et je tuerai mon père. S’il est encore vivant. Cet immonde grand monsieur qui m’appela Jordy. La seule marque d’attention qu’il m’aura donnée. Avant de disparaître, comme par magie. Il aurait aimé l’expression. (Joris)
Seule la dresseuse de tigres avait survécu à la vengeance, sa mauvaise humeur communicatrice restait hanter notre terre. (Jessica)
Car, maintenant, je peux vous le dire. Je suis Jordy, le prophète d’Asator. La juste colère arme ma main par le fouet et la cuiller (en bois), je répandrai la parole de mon dieu, pour unifier le monde en rouge et vert pâle. Gloire, gloire, gloire à Asator ! Quiche aux lardons pour tous !! (Paul)


Simone avait toujours été la reine des ragots. Concierge d’immeuble, sa vie était rythmée par celle des autres. Son petit appartement exigu, encombré de bibelots était l’antre de ses deux chats. (Anne-Prune)
Le jour où sa vie bascula, elle se promenait dans un bois, loin des sentiers battus. Soudain, elle aperçut une lumière à travers les branches. Elle déboucha dans une clairière, des murs écroulés et un autel couvert de mousse. Au-dessus, une statue se dressait. Simone eut l’impression qu’on l’accueillait avec plaisir, dans cet étrange endroit. (Etienne)
Mais c’était une embuscade ! Sam le Squelette lui lança son tibia et elle mourut, la tête fendue. Il cria victoire. (Antoine)
Agonisante sur le sol, dans des derniers souffles haletants, elle se dit qu’au final elle n’a pas eu une vie bien plus trépidante que Robert, son locataire du troisième. (Nicolas)
Elle serra une dernière fois son doudou, lui murmura à l’oreille quelques prières pour ses chats et jura de venir hanter son immeuble, histoire de connaître la suite des amants de Robert. (Edith)
L’ennui c’est qu’elle laissait derrière Armand. Le vieil homme avait débarqué un beau jour chez elle. Elle avait crié, menacé d’appeler les flics s’il ne partait pas. Armand appartenait au passé, à sa jeunesse. Une jeunesse qu’elle s’était forcé d’oublier, comme elle s’était efforcée de chasser Armand de sa vie. Et il était revenu. Hagard, perdu, en loques. Il n’était pas parti. Elle n’avait pas le courage d’appeler la police. Elle avait appris qu’il était recherché. Un numéro qui avait mal tourné… (Joris)
Un complot avec la dresseuse de tigres, quelque chose d’horrible. (Jessica)
Mais tout cela n’avait plus d’importance. Alors que ses dernières forces la quittaient, apparut dans une explosion de soufre, de salpêtre et de crème fraîche un pou gigantesque à l’air féroce. Il lui parla en ces termes : « Simone, écoute ma voix. Je suis Asator, dieu de pas mal de choses en vérité. Toute la vie tu fus croyante et dévouée. Mais tu t’es trompée de voie. Tu as idolâtré un imposteur. Je suis l’unique, le tout et la moitié du double. Sois châtiée. » Et il la fessa durement avec un fouet enflammé. Puis Simone se dit que c’était vraiment fini. (Paul)
« C’est ballot » se dit l’ermite qui avait assisté à la scène. Puis il se tartina le corps de crème fraîche pour honorer Asator et s’en fut. (Mélodie)


Caché au fond de mon bois, j’attends depuis des centaines d’années l’âme humaine qui me redécouvrira. Les arbres se sont rapprochés de mes murs, et ma statue trône, couverte de mousse. Je sais ce que je suis. Sanctuaire. (Etienne)
En attendant une nouvelle âme, j’ai pris l’habitude de tuer le temps avec mon pote Sam le Squelette, un gars marrant qui ruminait le même genre de trucs que moi. On jouait souvent aux osselets. Il perdait souvent aussi. (Antoine)
Un beau jour (non en fait il faisait pas beau), un type paumé est passé à proximité. Il ne me remarqua même pas. (Nicolas)
Il parlait à un bout de chiffon suspendu par des fils et rien d’autre ne l’intéressait. La tête de ma statue dégringola de son trône par dépit. (Edith)
Que c’est long, l’éternité… Au début, on venait régulièrement me voir. Au fil des années, au fil des siècles, on m’a oublié. Et puis un beau jour, on m’a amené Sam. Un vieil homme en habit de spectacle le transportait. Il l’a enterré là, à mes pieds, avant de disparaître. (Joris)
Il me racontait des histoires, plein d’histoires. J’aimais bien celle de la dresseuse de tigres allergique aux félins. Sa phrase préférée était : « C’est l’avis… d’un mort ». (Jessica)
Si j’avais su que ça finirait comme ça, je n’aurais jamais défié Asator (le dieu de la juste colère, de l’insulte trisyllabique et de la quiche aux lardons) à un duel de lancer de cuiller en bois. Fou fieffé que je fus. De sa main puissante et virile, le dieu expédia la cuiller à plus de 100 lieues… Je perdis donc mon royaume, ma vie, mon âme… Je suis maudit ! (Paul)
Et effet, maudit à n’être jamais découvert. Un ermite qui passait chaque joue dans le coin ne me voyait jamais… Je ne serais donc jamais libéré. (Mélodie)
Il y avait juste une femme qui venait tous les dimanches matin faire sa promenade avec ses chats. Elle s’asseyait non loin et tricotait, puis elle repartait comme elle était venue. Ce dimanche, elle n’est pas venue. Je me demande ce qui lui est arrivé. (Anne-Prune)


Minuit sonnera. Je rassemblerai alors mes vieux os, dans quelques cliquetis macabres. Et ouvrira le tombeau. Mon tombeau. Et tout le monde verra alors que Sam le Squelette est empli de vengeance contre le monde des vivants. (Antoine)
De toute façon, le monde des vivants n’était pas très intéressant avant. Avant ma mort, j’avais rencontré par hasard un type tout à fait banal, un dénommé Robert, il était parfaitement inintéressant. (Nicolas)
Sa principale occupation quand on était petits était de me faire peur avec sa marionnette. Le pire c’est que ses histoires à deux balles m’ennuyaient. (Edith)
Toute ma vie aura été pourrie par le monde du spectacle. Jusqu’à la fin. Jusqu’à cette soirée tragique où un magicien prétendument doué m’a choisi par hasard dans le public pour lui servir de cobaye. (Joris)
Cette fois c’était moi la marionnette. Je repensais aux histoires entendues : une dresseuse de tigres drôlement macabre, et bien d’autres. Qu’allait-t-il m’arriver ? (Jessica)
Finalement, je fus sauf. Le magicien ni les tigres ni la tigresse qui les dirigeait ne me firent de mal. Loué soit Asator. Je grillais donc un encens aux lardons et m’en fut. Je ne suis pas mort cette fois-là. (Paul)
Mais ça n’allait pas tarder. En descendant de la scène, je croisais le regard d’un jeune homme au premier rang. Son regard était si empli de solitude que je fus déstabilisé, loupais une marche et tombais pour me casser la nuque sur un coin de siège. Monde de merde ! (Mélodie)
Ma mère, Simone, pleura ma mort prématurée. Pour combler le vide elle s’acheta un troisième chat. Je m’empressais de le faire tuer en imitant le cri de la chatte en chaleur de l’autre côté de la route. Le choc fut fatal et ma mère y vit un signe du destin. C’est vrai qu’on perd un peu son âme en mourant. (Anne-Prune)
Mais voilà, par mon acte j’avais offensé Freyja-aux-yeux-rayés-de-bleu, sainte patronne des chats, et elle me punit en envoyant des souris ronger mon cercueil. Heureusement j’avais toujours montré beaucoup de ferveur dans le culte d’Asator l’ennemi de Freyja la chieuse, et il me permit de retourner dans le monde des vivants pour une nuit à chaque fois que quelqu’un mange une quiche aux lardons crus. Et ça a été le cas ce soir, hyark hyark, mort et dévastation, vive la quiche aux lardons. (Etienne)


Né sous X, je n’ai pas de famille, pas d’amis, déjà sur la fin de ma vie, je n’ai pas vécu grand-chose… J’ai toujours eu un physique banal pour un humain, je n’ai jamais attiré l’attention des autres. (Nicolas)
Alors, lorsqu’on se prétend magicien, cela pose problème. Je n’ai jamais réussi à éblouir une salle pleine. Toujours des demi-salles, des quarts de salle, et des soirées annulées. J’ai pourtant été sur les mêmes bancs d’école que le Grand Armand Descunier. Un grand homme, qui a mal fini, à ce qu’on dit. Moi au moins, j’ai su éviter le pire. (Joris)
Ne parlons même pas de ma cousine la dresseuse de tigres, elle m’avait déprimé une semaine en disant que c’était magique d’être aussi déplacé. (Jessica)
C’est sans doute à cause de mon manque de foi envers Asator, le dieu de la juste colère et… de la tarte flambée je crois… enfin il n’y a pas que lui, mais avec une vie aussi merdique, on ne peut pas croire aux dieux. (Paul)
J’ai eu un seul ami, quand j’étais à l’école primaire. Il avait un nom pourri, genre Joris… ouais, non, Jordy il s’appelait. Bon c’était pas folichon entre nous mais au moins j’étais pas tout seul. (Mélodie)
En fait on allait chez la même gardienne après l’école. Son appart puait les chats et on avait pas de Nutella. Tu me diras, ça nous rendait imaginatifs. Les coups de couteau sur les chats, la mayonnaise sur l’oreiller, ou le gravage à même le plâtre du mur en écrivant « Redrum » comme dans Shining. (Anne-Prune)
Mais un jour la gardienne disparut de la surface de la terre. Avec mon ami (mon seul ami), on est partis à sa recherche. Tout ce qu’on a trouvé c’était un vieux tas de pierres pourri dans une clairière avec une espèce d’arbre bizarre au milieu. Pour la peine on est rentrés s’acheter un pot de Nutella et on a essayé d’attraper un chat pour l’écarteler. (Etienne)
Une fois écartelé, on l’a mis dans la commode de jouets du petit-fils de la gardienne, à côté du squelette aux yeux rouges et de la cuiller en bois. Oui, on aimait faire des sales blagues dégueulasses aux nabots, ça nous aidait à exorciser notre solitude face au monde. (Antoine)
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Message Posté le : 24/02/2008 17:21:39    Sujet du message : Publicité

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